Budget 2011 :Ségolène Royal s’exprime dans une interview aux échos 

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segolene_1.jpgQue pensez-vous du projet de loi de Finances ?
La dette publique a doublé en cinq ans et, donc, les efforts ne sont pas suffisants pour résorber les déficits que le gouvernement a creusés. Chaque jour, c’est près de 1 milliard d’euros qui sont empruntés ! Il aurait fallu faire, depuis trois ans, de vraies réformes de structures courageuses au lieu de laisser déraper les déficits. Disons-le clairement, les intérêts de la nation sont sacrifiés à l’intérêt électoral : le budget 2011 est celui de la précampagne présidentielle, c’est pourquoi il est si timoré. Comment expliquer autrement la timidité de la remise en cause des niches fiscales dont moins de 1 % est « raboté » ?
Le gouvernement espère réaliser 10 milliards d’économies en « rabotant » les niches fiscales…
Certaines mesures vont dans le bon sens, mais elles auraient mérité d’être mieux ciblées, comme l’annualisation des exonérations de cotisations patronales. Il faudrait en exempter les PME exposées à la concurrence internationale et qui créent des emplois. D’autres mesures doivent être encadrées. Je pense ici aux nouvelles taxes : si elles ne sont pas encadrées, elles seront répercutées sur les clients. Ainsi, les nouvelles taxes bancaires, la contribution des assurances et la hausse de la TVA sur les forfaits Internet-mobile-TV doivent être prises sur les bénéfices, pas sur les consommateurs. Je propose de supprimer les niches ayant un effet carbone négatif plutôt que celles qui encouragent les énergies renouvelables. Enfin, taxer le mariage, ce n’est pas juste.
Qu’aurait-il alors fallu faire ?
Aujourd’hui, il ne suffit plus d’ajuster à la marge les dépenses et les recettes de l’Etat. La fiscalité des revenus est devenue incompréhensible et, surtout, très inégale. Comme d’autres pays l’ont fait, il faut tout d’abord remettre à plat tout notre système fiscal, avec trois objectifs. Premièrement, la transparence, afin que chacun connaisse chaque année son taux d’imposition véritable. Deuxièmement, s’en tenir à une règle simple : à revenu égal, impôt égal, pour les revenus du travail comme ceux des placements ou du patrimoine. Troisièmement, mettre en place un seul impôt progressif, avec la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, à prélèvement constant et le prélèvement à la source. C’est ce que nous avions proposé en 2007.
Ensuite, il est évident qu’il est possible de dépenser mieux en dépensant moins. C’est ce que j’ai fait dans la région que je préside. Grâce à des redéploiements importants, 1 euro dépensé égale 1 euro utile.

 

François Rebsamen –sénateur PS et Maire de Dijon, réagit au Budget 2011 :

Pour la première fois dans le budget de la France, le premier poste de dépense n’est pas l’éducation, mais le remboursement des intérêts d’emprunt de la dette.
Ce constat amer est le reflet de la politique désinvolte, inégalitaire et injuste menée par les gouvernements de droite ces dernières années.
La « rigueur » affichée porte le sceau de l’irresponsabilité du gouvernement, car les deux-tiers du déficit budgétaire est composé des 65 milliards d’euros dépensés au titre des niches fiscales !
En gelant pour trois ans les dotations de l’Etat aux collectivités locales, qui réalisent près de 70% de l’investissement public, le gouvernement pénalise la croissance et la reprise économique.

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