Débat d’orientations budgétaires : la ville de Marcq envisage d’emprunter
ON EN PARLE par PAR CHRISTIAN FURLING
Une marge de manoeuvre étroite, le recours à l’emprunt pour investir 12 ME en 2011, la majorité s’est montrée prudente. Suscitant des critiques appuyées de ses oppositions. Le maire y a répondu avec irritation. Jeudi à Marcq, le débat d’orientations budgétaires a été âpre.
« En recettes de fonctionnement, nos marges de manoeuvre pour 2011 sont faibles, a prévenu Jean-Paul Hofmann, 1 er adjoint aux finances. Elles se limitent à accroître les impôts et taxes ou à augmenter les tarifs de nos services
» Pourquoi ? Parce que les impôts locaux ne croîtraient que de 300 000 E.
Deuxième raison, « la stagnation voire la diminution des dotations de l’État ». La Dotation globale de fonctionnement a crû de 4,2 ME en 2006 à 4,7 ME, mais du fait de « l’augmentation du nombre d’habitants ». Les allocations compensatrices ont chuté de 18 %.
Il faut donc « trouver de nouvelles recettes ou baisser nos dépenses » (la hausse des tarifs étant exclue). Dans ces frais de fonctionnement (41,6 ME en 2011), ceux de personnel sont incompressibles. La marge porte sur 6 M E de charges. Le 1 er adjoint a « encouragé tout le monde à maîtriser les dépenses ». Mais cela reste insuffisant si l’on veut investir. M. Hofmann a livré plusieurs indicateurs positifs. La capacité d’autofinancement demeure importante, à 5 ME. La dette a baissé de 60 % depuis 2002 ; elle représentera 229 E/habitant en 2011 (moyenne : 1 000 E). Un emprunt de 5 M E à 4 % sur 15 ans l’augmenterait de 11 E.
Sur ces bases, Jean-Paul Hofmann a esquissé un budget 2011 serré en fonctionnement et fixant les dépenses d’investissement à 12 ME. Avec l’extension du groupe scolaire des Peupliers (1,4 ME) et le réaménagement du complexe Clemenceau-Niquet (2,7 ME). Et un emprunt à définir, les besoins de recettes étant de 5 ME.
> Vives critiques. Harquet (PS) a pointé « une certaine difficulté à construire » le budget , l’absence de marge de manoeuvre et de priorités. Ce budget est donc « un non événement ».
L’élu PS a pointé « une orientation fiscale nationale illisible ». « En euros constants, les recettes fiscales de la ville reculent de 0,3 % en 2010, a-t-il regretté par ailleurs. Nous voulons travailler à budget constant pour tenir compte de la crise sans dégrader les missions de service public. » Enfin, il a donné quatre priorités pour 2011 (voir ci-dessous).
Martine Roussel (PC) a reproché à la majorité de masquer « la politique d’austérité de l’État ». « Pourquoi minimiser l’impact du gel de la Dotation globale de fonctionnement pendant trois ans, (…) l’impact de la suppression de la taxe professionnelle ?
» Elle a déploré la réduction des charges de personnel et un report d’investissements. Didier Boutry (MoDem) a regretté que les dépenses énergétiques ne soient pas plus maîtrisées et demandé s’il fallait espacer les grands travaux.
> Le maire agacé. « Tous les trois, vous avez accablé la ville », s’est agacé Bernard Gérard. Pointant une erreur de tous (taxe professionnelle pour compensation de la TP), il a rappelé que cette compensation était versée depuis 2002 par LMCU. « Notre argent de poche », a-t-il ironisé. « La communauté urbaine a laissé stagner cette allocation de compensation, faute d’une réelle politique économique. » Une politique jugée « apocalyptique ».
« Qualifier ce budget de budget pour rien, s’est-il offusqué.
12 ME d’investissement, ce n’est pas rien ! Depuis 2005, on a investi 4 6 ME. » B. Gérard a encore fustigé plusieurs fois LMCU et M. Harquet (voir ci-dessous). Il a reproché au PS de varier sur la télésurveillance. Rappelé que Marcq était 4e contributeur de créations d’entreprises de la métropole. Ce débat, qui a juxtaposé les positions, a livré cette assurance, formulée par le maire : « Il n’y aura pas d’augmentation des taux ». •