Quelques leçons à propos de la Tunisie
La Tunisie a toujours été un pays singulier, fier, et novateur, doté d’une forme d’agilité qui lui permet de se mouvoir plus vite que d’autres peuples du Maghreb. Il fut dés les années 50, le premier pays décolonisé grâce à la rencontre de part et d’autre de la méditerranée de Habib Bourguiba d’une part et de Pierre Mendés France et Gaston Deferre de l’autre côté de la méditerranée. Ces derniers comprirent que la Tunisie Indépendante avait un sens et un leader.
Les années Ben Ali s’inscrivent pendant prés de dix ans dans les pas de ce Bourguiba laïc et émancipateur tant pour les femmes que pour l’accès des jeunes à la connaissance. Puis, il y eu la tentation de s’installer, de s’arroger le pouvoir qui était d’abord celui du peuple. Sans grande opposition car les règles démocratiques étaient atteintes de cécité tant le prestige des libérateurs émancipateurs écrasait toute velléité d’interrogations ou d’interpellation hors du nouveau système établi et du parti unique.
Dés lors, les deux derniers mandats de Ben Ali changèrent de nature le régime pour le faire basculer, sous l’emprise de la belle famille, dans un mauvais scénario digne d’Ali Baba et ses quarante voleurs ! A force de se croire au dessus de tout, des Lois comme du Peuple, Ben Ali et son clan dévient vers un absolutisme policier, ravageur et criminel qui étouffait de tout son poids les potentiels de ce pays tout autant que les principes démocratiques.
S’il y a une leçon à retenir elle est double : Tout dirigeant politique agit de et par l’onction du Peuple et l’oublier c’est se condamner tôt ou tard soi même et surtout c’est torpiller les potentiels de son pays. La deuxième leçon est qu’être trop longtemps aux responsabilités sans contrepouvoirs en plus, corrompt et nuit à la prospérité du pays.
Au fond, la Tunisie nous renvoie à un sujet qui fait singulièrement débat en France par intermittence, puis de façon récurrente depuis Chirac et Sarkozy à l’Elysée : l’exemplarité en politique. C’est pour cela que je défends plus que jamais, le non cumul des mandats, la responsabilité politique, tout autant que les valeurs de la République et la Laïcité gages de tolérance et de fraternité au sein de notre communauté nationale.
C’est dans ce sillage que Ségolène Royal a toujours été. C’est pour cela qu’elle incarne réellement une autre façon et une autre vision d’avenir de faire de la Politique.